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jeudi 23 novembre 2017 | Connexion

Algérie: les obstacles financiers et administratifs pour partir en vacances

En Algérie, pendant l'été, des millions de familles partent en vacances. Cependant, partir en vacances n'est pas accessible à tout le monde et ce n'est pas seulement qu'une question de moyens. Les obstacles sont aussi administratifs. Sur la devanture de l'agence de voyage, des feuilles multicolores annoncent les destinations. Pour Feriel, 29 ans, ce sera la Tunisie mais, réserver ses vacances, c'est un peu le parcours du combattant. « Le premier obstacle, c’est le visa. Une fois qu’on a choisi sa destination en fonction de là où on a le droit d’aller, il reste deux pays : le Maroc et la Tunisie. Ensuite, une fois que l’on a choisi l’hôtel, il faut payer. Même si on paie l’hôtel sur place, il faut une carte bleue et le système bancaire en Algérie, pour l’instant, n’est pas encore assez développé. Il faut donc connaître quelqu’un qui nous fasse confiance pour nous prêter son code et son numéro de carte bleue », explique t-elle. L’autre obstacle, pour la majorité des familles, c’est l'argent. Le dinar algérien ne peut pas être converti à l'extérieur du pays et la loi ne permet de changer que l'équivalent de 115 euros par personne et par an. Pas assez pour partir en vacances. Feriel se tourne donc, vers le marché noir. « Ça coûte particulièrement cher parce que pour avoir 1 €, il faut donner 192 dinars et des poussières. Je touche à peu près trois ou quatre SMICs et donc, pour aller juste dix jours en Tunisie, il faut que je donne deux mois de salaire ! », poursuit la jeune femme. Les autorités avaient promis en 2013, puis en 2015, d'augmenter cette allocation touristique mais devant le Parlement, le gouverneur de la Banque d'Algérie a déclaré, cette année, que ce n'était pas une priorité dans le contexte de crise économique.

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