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samedi 18 novembre 2017 | Connexion

Vive tension à Baron cercle de Banamba

Face à l’inquiétude, la crainte, et le désarroi face à la situation politique très préoccupante qui est l’affrontement attendu entre population civile et forces de l’ordre dans leur commune, un collectif d’anciens élèves ressortissants de la Commune rurale de Boron, cercle de Banamba a adressé une lettre au président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita. Nous vous la proposons ici.

Lettre à monsieur le président de la République, S.E.M Ibrahim Boubacar KEÏTA

Monsieur Le Président de la République,

Nous sommes un collectif d’anciens élèves ressortissants de la commune rurale de Boron, cercle de Banamba. Par cette lettre, nous venons vous faire part de notre inquiétude, de notre crainte, de notre désarroi face à la situation politique et très préoccupante qui est l’affrontement attendu entre population civile et forces de l’ordre dans notre commune.

Monsieur Le Président de la République,

La commune rurale de Boron compte 48 villages et 15 hameaux couvrant une superficie de 1750 Km² pour une population de plus de 45 000 habitants. Ce qui en fait la deuxième commune en population et la première par la superficie dans le cercle de Banamba (INSTAT). De ce fait, notre commune constitue une manne électorale lors des élections communales et législatives. La commune rurale de Boron, d’antan citée en exemple, notamment comme la première commune rurale à construire sa mairie sur fonds propres (Ministère de la décentralisation), n’est plus que l’ombre d’elle-même à cause de la mauvaise gouvernance de ces dernières années.

Monsieur Le président de la République,

Sans rentrer dans les détails de la situation dont vous avez sûrement eu échos, voici une chronologie des faits avérés :

A l’issue des élections communales du 20 novembre 2016 et après plusieurs mois de délibération, Bakary Diané du PARENA est reconnu comme candidat vainqueur par le tribunal administratif et investi le 30 décembre 2016 par le Préfet de Banamba, à Boron. Alou DOUCOURE du Cnid, le maire sortant après 7 ans d’exercice, a reconnu officiellement sa défaite, à la grande satisfaction de la majorité populaire de la commune qui désirait ardemment un changement de gouvernance.

Cependant, Alou DOUCOURE, avait entamé des procédures judiciaires pour invalidation au niveau du tribunal administratif puis à la Cour suprême. Pour cause, lors des campagnes électorales, le camp de Bakary DIANÉ a continué à installer des forages d’eau dans les villages de la commune notamment Maribougou Bonzi, Kanika I et Kanika II. Après l’annulation du vote de ces villages, la Cour suprême invalida les fonctions de Bakary DIANE après 4 mois et amande les autorités compétentes pour investir Alou DOUCOURE.

Vu le parcours néfaste de ce dernier lors de son précédent mandat, la population et notamment la jeunesse de la commune oppose un refus catégorique à l’intronisation de Alou DOUCOURE à la mairie et cela malgré plusieurs missions dépêchées sur place, notamment celle du gouverneur de la Région de Koulikoro. Finalement, Alou DOUCOURE fut intronisé à Banamba le 03 Août 2017 par les autorités locales lors d’un Quorum entaché de plusieurs irrégularités. Nous savons désormais que tout est organisé pour introniser, pour ne pas dire imposer Alou DOUCOURE à Boron par la force. Nous savons que cela ne pourra se faire sans un affrontement sanglant dont nous ne pouvons pas mesurer l’ampleur de la catastrophe. S’il faut en arriver là, DIEU l’aurait accepté, mais ce n’est pas ce que nous souhaitons, ni ce que vous souhaitez Monsieur Le Président dans la situation actuelle du Mali.

Monsieur Le Président de la République,

Nous sommes un collectif apolitique d’anciens élèves ressortissants de la commune rurale de Boron. Par cette lettre, nous sollicitons auprès de votre haute autorité une intervention pour éviter le bain de sang annoncé entre la jeunesse de notre commune et les forces de l’ordre. Nous appelons les autorités compétentes à suspendre l’investiture de monsieur DOUCOURE car, nous disposons de preuves irréfutables que les intentions de cet homme sont motivées par un esprit de vendetta envers la population qui l’a rejeté, et par un objectif de séparation de la commune. Nous appelons les autorités compétentes à réexaminer toutes les procédures judiciaires entamées dans cette affaire avant la catastrophe annoncée.

Monsieur Le Président de la République,

Comment régner dans une commune où on ne peut plus y mettre les pieds après 7 ans de mandat ?

Monsieur le Président de la République, nous faisons appel à votre haute autorité afin que vous agissiez dans le sens de la paix et du respect de la volonté des citoyens, au sens fondamental de la démocratie « pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Notre commune déjà instable en a grandement besoin.

Le 16 Août 2017 à Bamako

Collectif des jeunes ressortissants 7-77 de la commune de Boron

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