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samedi 20 janvier 2018 | Connexion

JOURNEE DU G5 SAHEL: Que d’efforts suscitant de la confiance

Le 19 décembre dernier, le G5 Sahel a cumulé ses trois ans sur le terrain de lutte  inlassable contre les jihadistes et autres bandits qui tiennent à tout à transformer le Sahel en sanctuaire de terroristes. Le chemin parcouru permet de nourrir la confiance en cette organisation aujourd’hui vaillamment opérationnelle sous la présidence de Son Excellence Ibrahim Boubacar Kéïta.

 

Convaincus que la situation critique que traverse depuis 2012 le Sahel est loin d’être une  fatalité, une zone de déshérence, les Chefs d’Etat du Mali, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad ont convenu de prendre en charge leur destin commun en mutualisant leurs moyens et leurs capacités militaires, de sécurité et de renseignements, pour s’attaquer fermement au  terrorisme devenu la principale cause profonde du sous-développement, de la déstabilisation et de l’insécurité des personnes et des biens dans la Sous-région. Ce, en portant  sur les fonts baptismaux un regroupement commun, en vue de coordonner les politiques et stratégies de lutte pour le développement et la sécurité de leurs États respectifs. C’était le 16 février 2014, à Nouakchott, en République Islamique de Mauritanie.

 

Il s’agit, en effet, pour les cinq Chefs d’Etat de mutualiser leurs efforts pour combattre le terrorisme dans le Sahel. 

 

Alors, mus par une très grande volonté politique et sur la base d’une ambition forte pour le Sahel, ils ont mis en place, le 19 décembre 204, le G5 Sahel dont les leaders en Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’organisation ont, à l’issue du sommet du 6 juin 2017, à Bamako, institutionnalisé le 19 décembre comme « Journée du G5 Sahel » dans tous les États membres.

 

Ce 19 décembre 2017 marque non seulement la première édition de la « Journée du Sahel » mais aussi le troisième anniversaire de la création de l’institution.

 

 C’est pour réaffirmer le refus de la fatalité des Sahéliens et des Sahéliennes, et magnifier la dédicace profonde pour un Sahel en paix avec lui-même, facteur de paix et de stabilité pour son voisinage et pour le reste de l’Afrique et du monde entier.

 

Dans son message qu’il a formulé en tant que Président en Exercice du G5 Sahel à l’adresse des communautés des pays membres, à l’occasion de cette journée commémorative de la création de l’organisation, le Chef de l’Etat du Mali, Son Excellence Ibrahim Boubacar Kéïta, s’est f élicité du parcours effectué face aux menaces sévissant contre la paix et la sécurité à travers le terrorisme. Dans le cadre de cette organisation, les cinq Chefs d’Etat, forts de l’appui de leurs partenaires bi et multilatéraux respectifs et de l’ensemble de la Communauté internationale, se sont résolument engagés aussi à faire face aux vulnérabilités climatiques et environnementales qui, avec la désertification, les sècheresses cycliques et la famine, ont accru et renforcé la fragilité du Sahel.

 

« Cette sinistre réalité a fait de notre espace sahélo-saharien, un terreau fertile du terrorisme, du crime transfrontalier organisé, des trafics de tous ordres, y compris le trafic de migrants, de la radicalisation et de l’extrémisme », a indiqué le Président IBK.

 

Un regard rétrospectif  sur le parcours mais aussi des perspectives d’avenir

L’occasion est, enfin, opportune pour jeter un regard rétrospectif sur le chemin parcouru. Selon le Président en Exercice de l’organisation, le G5 Sahel a formulé une Stratégie pour le Développement et la Sécurité déclinée en plans d’actions pluriannuelles et s’est également dotée d’un Programme d’Investissements Prioritaires (PIP) avec des projets intégrés et structurants dans les domaines de la sécurité, de la bonne gouvernance, des infrastructures et de la résilience.

 

En agissant ainsi, l’organisation offre à ses partenaires stratégiques internationaux, un cadre de coordination et de mise en cohérence de toutes les stratégies Sahel existantes.

 

« Conformément à cette stratégie, et persuadés que la Sécurité et la Paix au Sahel sont d’abord l’affaire des Sahéliennes et des Sahéliens eux-mêmes, nous avons décidé, en février de cette année, du déploiement d’une Force conjointe. En accord et avec le soutien politique de l’Union Africaine, de l’Union Européenne et des Nations-Unies, il sera organisé, dans les semaines à venir, à Bruxelles, une conférence internationale pour la Sécurité et le Développent au Sahel, en vue de mobiliser et d’accroitre le soutien international nécessaire à la montée en puissance de la Force conjointe et à sa pleine capacité opérationnelle d’ici au premier semestre 2018 », a informé le Président IBK.

 

C’est une vérité de la palice que d’affirmer qu’il n’y pas de paix sans développement, ni de développement sans paix. Ce qui justifie, aux dires du Chef de l’Etat malien, l’ordre de priorité élevé qu’accorde l’organisation à la tenue et au succès de la table ronde des Bailleurs des fonds destinés au financement de la première phase du Programme d'investissements prioritaires.

 

« D’ores et déjà, dira IBK, nous nous réjouissons du lancement de l’Alliance avec le Sahel, une initiative pertinente bénéficiant du soutien de plusieurs pays européens et destinée à améliorer la mobilisation et la coordination de l’aide internationale en faveur des pays du Sahel ».

 

Dans ce même ordre d’idées, le Président IBK n’a pas manqué de saluer et de se féliciter de l’appui constant et du soutien précieux de l’Union Européenne, des Nations-Unies, de l’Union Africaine, de la France, des Etats-Unis d’Amérique et de tous les pays membres permanents du Conseil de Sécurité, de l’Allemagne et, plus récemment, de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis. Ainsi, il a invité les autres pays et institutions partenaires à se joindre à la dynamique ainsi enclenchée pour former, in fine, une véritable coalition en faveur du Sahel.

 

En dépit de ces défis d’ordre sécuritaire et climatique sus-énumérés, le Sahel est confronté à d’importants problèmes d’infrastructures qu’il convient de résorber dans le court terme. Car, selon le Président IBK,  l’enclavement a des effets très négatifs sur la mobilité et réduit significativement les échanges humains et économiques intra et interrégionaux.

 

Pour y remédier, le G5 Sahel a initié un projet de création d’une compagnie aérienne et décidé de faire de la libre circulation des personnes, des biens et des services une réalité à travers la suppression avec effet immédiat des visas pour tous types de passeports entre ses Etats membres.

 

« Soyez assurés que mes pairs du G5 Sahel et moi-même sommes totalement engagés pour atteindre cet objectif », a rassuré le Président malien Ibrahim Boubacar Kéïta.

 Avec l'Observateur

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