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jeudi 24 mai 2018 | Connexion

A la Une de la revue de presse: la France au chevet de la Libye

Le dossier libyen est en effet une des priorités du président français Emmanuel Macron. Pour l’Elysée, les efforts pour ramener la paix en Libye vont de pair avec les efforts fournis pour la lutte contre le terrorisme et la lutte contre les flux migratoires. La rencontre, ce mardi, près de Paris, entre les deux protagonistes de la crise libyenne, le président du Conseil Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar, s’inscrit dans ce cadre.

En fait, analyse Le Pays au Burkina, « pour qui connaît le rôle que l’Histoire attribue à la France de Nicolas Sarkozy à la tête de la coalition occidentale qui avait fini par dégommer le Guide de la Jamahiriya, l’on ne peut s’empêcher de voir en l’action du présent Macron une tentative, parmi tant d’autres, d’éteindre l’incendie déclenché au pays du Colonel et qui s’est transformé en un véritable brasier que les efforts de la communauté internationale n’ont jusque-là pas permis d’éteindre. En effet, pointe Le Pays, si Sarkozy a fini par avoir la peau de Kadhafi, le constat est que cette prétendue opération de 'désinfection' de la Libye aura eu pour effet de laisser le pays entre des mains encore plus infectes : celles de terroristes sans foi ni loi qui comptent parmi les plus dangereux au monde et d’obscurs islamistes. Et cette situation, poursuit le quotidien burkinabé, est une véritable menace pour les pays européens qui, pour n’avoir pas su assurer le service après-vente en Libye, sont en train d’en payer le prix fort. Notamment avec ces vagues interminables de migrants indésirables qui franchissent chaque jour les portes de la Libye pour ce qu’ils pensent être l’eldorado. »

Frères ennemis

Alors, pour « résoudre ce problème des migrations illégales, relève Aujourd’hui, toujours à Ouaga, il faut rétablir l’entièreté d’une Libye unique par la sécurisation des frontières avec une armée unique sous un gouvernement civil. »

Et le quotidien ouagalais de s’interroger : « qui de Sarraj ou de Haftar acceptera de jouer le second rôle pour parvenir à cet objectif ? Car, la vérité, la voici : l’Occident et l’ONU ont adoubé Sarraj et son Gouvernement d’union nationale, mais hélas sur le terrain, c’est bien le Maréchal Haftar qui dicte sa loi et qui tient le pétrole. Un Haftar qui demeure donc incontournable dans toute tentative du règlement du problème libyen. Paris devra parvenir à ce que les deux frères ennemis signent un accord, à tout le moins un gentleman agreement, pour baliser le chemin de la paix. »

Avantage à Haftar

Pour le quotidien L’Orient le Jour à Beyrouth, c’est clair : « Haftar est en position de force : le maréchal, en effet, accumule les succès militaires. (…) Débarrasser Benghazi des djihadistes, tel était l’objectif de ce militaire à la retraite lorsqu’il est réapparu sur le devant de la scène libyenne en mai 2014, précisément dans la deuxième plus grande ville du pays. (…) C’est désormais chose faite pour cet ancien proche de Mouammar Kadhafi qui avait contribué à la prise du pouvoir par l’ancien dictateur en 1969 avant de s’exiler aux États-Unis pendant vingt ans. Les résultats sont là, pointe le quotidien libanais : ses troupes progressent depuis deux ans au centre, au sud et au nord de la Libye. Succès militaire de taille pour le maréchal Haftar, la libération de la cité du Nord-Est libyen par son armée lui permet de confirmer l'étendue de son influence sur la scène politique du pays. »

C’est ce que confirme Myriam Benraad, chercheuse spécialiste du Moyen-Orient et du monde arabe, interrogé par L’Orient Le Jour : « Aujourd’hui, la stabilité du pays implique pour l’Occident de revenir à un certain réalisme. Les Occidentaux qui ont soutenu un temps le gouvernement de Sarraj, savent qu’ils ne peuvent pas aller vers un changement politique autre que le retour à l’autoritarisme, explique-t-elle, et Haftar est clairement considéré comme l’homme fort de la Libye. » Source RFI

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