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jeudi 23 novembre 2017 | Connexion

Concours Professionnels de la Justice: 130 Femmes en formation d’un mois à l’INFJ

Dans le cadre de la promotion des compétences féminines, l’Institut National de Formation Judiciaire (INFJ) Maître Demba Diallo, en partenariat avec ONU-Femmes Mali, a procédé au lancement d’une session spéciale de cours préparatoires d’accès aux professions juridiques et judiciaires, en faveur de 130 candidatures féminines.

Ces cours préparatoires, à l’intention des jeunes diplômés d’au moins le Master 1 en Droit public ou privé, interviennent à la suite des leçons tirées des nombreux échecs déplorés par les femmes à l’issue des différents concours d’accès à la Fonction publique ou aux écoles professionnelles. Ils visent à améliorer leurs aptitudes face au marché de l’emploi de plus en plus rude.

Cette séquence spéciale de formation, qui concerne 130 femmes, vient corriger le déséquilibre constaté dans le recrutement de la première session (Prépa I) où, sur les 221 bénéficiaires, 56 sont seulement femmes. Surtout en ces périodes où la nécessité de rééquilibrage entre les genres devient une question de justice.

La cérémonie marquant le lancement de la session de formation s’est déroulée hier jeudi 7 septembre, à l’INFJ, sous l’égide conjointe du Directeur Général de l’Institut Toubaye Koné, du Représentant Résident de l’ONU-Femmes, Maxime Houinato et de Mme Doucouré Mariétou Diaby, Responsable de Programme ONU-Femmes Mali.

D’entrée de jeu, le DG de l’INFJ, Toubaye Koné, a fait comprendre que ce cycle préparatoire, qui se veut pratique, est complémentaire à la formation académique reçue dans les facultés, en vue de renforcer les capacités des futures candidates et de favoriser leur accès équitable aux différents concours professionnels de la justice.

«Les différents concours de professions juridiques et judiciaires, réputés très difficiles et, à juste titre, ne sont pas pour autant insurmontables.

Il y a, certes, un grand nombre de candidats pour peu de places, mais vous ne devriez pas désespérer. Celles ou ceux qui ont cette envie peuvent s’en donner les moyens. C’est un concours exigeant, mais l’assiduité est un gage de réussite », a conseillé le DG, Toubaye Koné, aux participantes.

Dans son allocution de lancement, le Représentant Résident de ONU-Femmes Mali, Maxime Houinato, a reconnu que le Gouvernement « fait beaucoup d’efforts pour la promotion de l’égalité des sexes et corriger les déséquilibres historiques dont souffrent les femmes au Mali ».

«Je crois que l’accès à la justice est central dans l’accès aux opportunités et à l’égalité des chances aux Mali », a affirmé Houinato.

Il a ajouté que la capacité des femmes et des hommes de pouvoir, de façon équitable, s’adresser aux organisations judiciaires du pays, aux cours dont est doté les Mali, est jusqu’à présent inégale.

«Lorsqu’une femme et un homme s’adressent à la justice du Mali, malheureusement, leurs chances ne sont pas jusqu’aujourd’hui égales », a regretté le Représentant Résident de l’ONU-Femmes.

Les raisons, selon lui, sont multiples et peuvent être liées à l’incapacité de la femme à satisfaire les conditions d’accès à la justice, de par, peut-être, son ignorance, son manque de ressources pour s’offrir les services d’un Avocat, etc. Mais on se rend compte que cette différence se retrouve aussi dans la composition des Cours et des Institutions judiciaires du pays. C’est pour cela que le Ministre Konaté, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, a généreusement accepté d’entrer en partenariat avec ONU-Femmes Mali pour corriger ce déficit.

«L’application de la loi du genre dans le domaine judiciaire n’est pas facile. Sans mesures temporaires, les femmes seraient toujours en déséquilibre», a déclaré Houinato.

Cette clairvoyance du Ministre Konaté et les actions de l’ensemble du Gouvernement dans ce sens furent saluées par Maxime Houinato qui a, par la suite, expliqué que cette initiative s’inscrit également en droite ligne avec les avancées que le Gouvernement du Mali a amorcé depuis 2015 avec la loi sur la promotion du genre, qui institue un minimum de 30% pour l’un des deux sexes en termes des élections et des nominations aux postes de décisions au Mali.

Cette classe dénommée «Egalité des Chances» est encadrée par des Professeurs maliens et étrangers de haut niveau, qui exploitent des méthodes bien mûries de réactivation de mémoire, cumulant à la fois la pédagogie et l’andragogie, mais aussi des techniques de brainstorming avec les apprenants.

Cyril ADOHOUN

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