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mardi 20 février 2018 | Connexion

Fatou Bensouda condamne les violences récemment perpétrées à Benghazi, Libye

Je suis profondément préoccupée par les informations qui me sont parvenues selon lesquelles des personnes non identifiées ont fait exploser deux voitures devant la mosquée Baya’at al-Radwan, dans le quartier d’Al-Salmani à Benghazi, en Libye, le soir du 23 janvier 2018, faisant 34 morts, parmi lesquels des enfants, et plus de 90 blessés.

 

Je suis tout aussi consternée par les photographies et la vidéo qui ont été publiées le 24 janvier 2018 et sur lesquelles on apercevrait le commandant Mahmoud Mustafa Busayf al-Werfalli en train d’exécuter 10 personnes devant la mosquée Baya’at al-Radwan, apparemment en représailles des attentats à la voiture piégée lâchement perpétrés le 23 janvier 2018.

 

Nous devons condamner ces attentats et ces exécutions et y répondre avec fermeté. Mon Bureau reste déterminé à s’acquitter de la tâche qui lui revient, dans la mesure de ses moyens, en enquêtant sur les crimes graves qui sont commis en Libye et qui relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale (la « CPI » ou « Cour »), notamment les crimes des commandants et des supérieurs hiérarchiques en cause, et en poursuivant leurs auteurs, quels que soient leur identité ou les groupes auxquels ils appartiennent.

 

Depuis le 15 août 2017, M. al-Werfalli est visé par un mandat d’arrêt délivré par la Chambre préliminaire I de la CPI en raison de sa participation directe présumée à sept événements, en 2016 et en 2017, au cours desquels 33 personnes ont été exécutées.

 

J’invite une fois de plus les autorités libyennes à prendre toutes les mesures nécessaires qui sont en leur pouvoir pour procéder immédiatement à l’arrestation et à la remise de M. al-Werfalli à la CPI. J’invite également une fois de plus tous les États, y compris les membres du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, à aider la Libye à y parvenir.

 

Je relève que, le 24 janvier 2018, la Mission des Nations Unies en Libye s’est dit alarmée par les « exécutions sommaires brutales et scandaleuses commises à Benghazi » et a exigé la remise immédiate de M. al-Werfalli à la CPI. Ces appels doivent déboucher sur des actes. Ce n’est que lorsque les auteurs de ces crimes se rendront compte des conséquences graves qui en découlent que nous pourrons espérer empêcher que d’autres crimes ne soient commis.

 

Je suis consternée de constater que M. al-Werfalli semble toujours occuper son poste de commandement et qu’il continuerait de commettre des crimes en toute impunité, malgré une déclaration officielle, en août 2017, du commandement général de l’armée nationale libyenne (ANL) selon laquelle M. al-Werfalli aurait été arrêté et ferait l’objet d’une enquête d’un procureur militaire. Je demande une fois de plus au général Khalifa Haftar, en sa qualité de commandant de l’ANL et de supérieur hiérarchique de M. al-Werfalli, d’entendre mon précédent appel adressé à l’ANL pour qu’elle collabore avec les autorités libyennes en vue de permettre l’arrestation et la remise immédiates de ce suspect à la CPI.

 

L’effroyable cycle de violence et d’impunité qui règne en Libye ne saurait être toléré plus longtemps pour le bien du peuple libyen, ainsi que la sécurité et la stabilité de ce pays et de la région.

 

Quiconque détient des informations au sujet des attentats à la bombe ou des exécutions susvisés est prié de prendre contact avec le Bureau du Procureur à l’adresse suivante : .

 

Le Bureau du Procureur de la CPI mène des examens préliminaires, des enquêtes et des poursuites à propos du crime de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, en toute impartialité et en toute indépendance. Depuis 2003, le Bureau enquête sur plusieurs situations relevant de la compétence de la CPI, notamment en Ouganda, en République démocratique du Congo, au Darfour (Soudan), en République centrafricaine (deux situations distinctes), au Kenya, en Libye, en Côte d'Ivoire, au Mali, en Géorgie et au Burundi. Depuis le 20 novembre 2017, la Chambre préliminaire III de la Cour est saisie de la demande d’autorisation d’ouvrir une enquête sur la situation en République islamique d’Afghanistan déposée par le Procureur. Le Bureau conduit également des examens préliminaires à propos des situations en Colombie, en Guinée, en Iraq/Royaume-Uni, au Nigéria, en Palestine, en République gabonaise et en Ukraine.

 

 

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